Mobilité 125 au BAPE : chaque mois de délai supplémentaire a un coût
La deuxième partie des audiences publiques du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) portant sur le projet de contournement du noyau urbain de Sainte-Julienne par la route 125 s'est conclue. Mobilité 125 y a présenté son mémoire, fruit de cinq années de travail, de consultation et de concertation, exprimant la position unanime des huit municipalités membres de la coalition.
La commission rédigera maintenant son rapport et formulera ses recommandations au gouvernement. Mobilité 125 croit avoir démontré sans l’ombre d’un doute à la commission l'importance et l'urgence de procéder sans délai aux travaux de contournement, dans l'intérêt des quelque 45 000 résidents du corridor.
Une solution unique née d'une analyse rigoureuse
Le mémoire de Mobilité 125 rappelle que le contournement par l'emprise du MTMD n'est pas le résultat d'un choix politique, mais bien la conclusion d'un processus d'analyse complète. Après l'examen de tous les tracés alternatifs, écartés précisément en raison de leurs impacts environnementaux plus importants, la solution retenue s'impose parce qu'elle répond à la fois aux critères de sécurité routière, de protection de l'environnement et de faisabilité financière.
« Aucune étude technique n'est venue contredire cette conclusion. Le contournement est la seule solution viable, et nous demandons à la commission d’en recommander la réalisation dans son rapport », a déclaré Germain Majeau, maire de Saint-Esprit et porte-parole de Mobilité 125.
Des risques documentés qui commandent une réponse concrète
Le mémoire brosse un portrait préoccupant de la sécurité sur l'ensemble du corridor. La cohabitation dangereuse entre le trafic de transit et les résidents au cœur de Sainte-Julienne, les accidents aux intersections de Saint-Esprit et les manœuvres risquées sur l'ensemble du tronçon ne sont pas des problèmes isolés : ils sont la conséquence directe d'une route qui n'a pas été conçue pour absorber entre 15 000 et 20 000 véhicules par jour.
La coalition souligne que la majorité des accidents recensés sont directement liés à la densité du trafic et à la configuration de la route. La solution doit donc être une infrastructure améliorée, pas seulement de la réglementation.
Mobilité 125 a mis en relief devant la commission l'ampleur des consultations menées depuis 2020 : plus de 1 200 participations documentées, dont 879 réponses recueillies lors de la consultation de l'hiver 2024. Ce portrait citoyen est clair et cohérent : la sécurité est la priorité pour 73 % des répondants, le débordement de la circulation vers les routes secondaires préoccupe 36 % d'entre eux et 61 % des répondants à la consultation du MTMD en 2025 ont déclaré emprunter des détours pour éviter les ralentissements sur la 125.
Un projet qui doit être réalisé dans son ensemble
Mobilité 125 insiste sur la nécessité de réaliser le plan d'intervention dans sa totalité. Les améliorations complémentaires prévues ailleurs sur le corridor, donc les voies de virage, la correction des intersections A-25/158 et 125/337 ainsi que la sécurisation des approches, font partie d'un même ensemble avec le contournement. Mettre en œuvre le contournement sans ces correctifs, ce serait régler le problème le plus visible sans s'attaquer aux autres points faibles du corridor qui, laissés sans intervention, pourraient réduire les bénéfices du projet principal.
Des recommandations concrètes à la commission
Pour traduire ses positions en actions concrètes, Mobilité 125 formule huit recommandations à la commission.
La recommandation phare de la coalition porte sur l'ajout d'un carrefour giratoire au raccordement sud du contournement. Mobilité 125 estime que cette bonification est essentielle : elle améliorerait considérablement la sécurité aux points de conflit, préserverait l'accès au secteur commercial de Sainte-Julienne et limiterait les empiètements sur les terres agricoles avoisinantes.
La coalition soumet également des recommandations sur la planification du tronçon nord, dont la croissance du trafic justifie une action dès maintenant pour éviter de simplement déplacer les problèmes plus loin. Elle demande que les aménagements pour piétons et cyclistes soient traités comme des composantes essentielles du projet et non comme des ajouts optionnels. Mobilité 125 réclame aussi la mise en œuvre rigoureuse des mesures environnementales, un plan d'accompagnement pour les commerces locaux avant le début des travaux, la création d'un comité de suivi permanent avec le MTMD et le respect du calendrier de réalisation sans délai supplémentaire.
« On a fait notre bout de chemin. Cinq ans à écouter le monde, à compiler les données, à frapper aux bonnes portes. Maintenant, le dossier est entre les mains de la commission, et après ça, entre les mains du gouvernement. Les gens de la 125 attendent depuis longtemps. C'est le temps que ça bouge », a conclu M. Majeau.